La gamme Hirajoshi en blocs de deux cordes : 10 motifs pour traverser le manche

La gamme Hirajoshi en blocs de deux cordes : 10 motifs pour traverser le manche

En bref : un bloc de deux cordes regroupe les cinq notes de la gamme Hirajoshi (Do, Ré, Mi♭, Sol, La♭ en Do) sur deux cordes voisines, trois sur la première et deux sur la suivante (forme 3+2), ou l’inverse (forme 2+3). Le même motif se répète deux cordes plus haut et deux cases plus loin, avec une case de plus au passage de la corde de Si : avec un seul doigté, on traverse tout le manche, du grave à l’aigu.

Cette page complète la gamme Hirajoshi à la guitare : positions, accords et exercices, qui présente la gamme, ses notes et ses cinq positions classiques. Ici, on la joue autrement : par blocs de deux cordes, une façon très efficace de parcourir le manche en diagonale et de lancer des traits rapides, du grave vers l’aigu. Pour l’origine japonaise de la gamme et l’accordage du koto dont elle est issue, voyez l’histoire de la gamme Hirajoshi.

L’essentiel en 5 points

  1. La gamme Hirajoshi en Do contient cinq notes : Do, Ré, Mi♭, Sol, La♭, soit la formule 1 – 2 – ♭3 – 5 – ♭6.
  2. Un bloc joue ces cinq notes d’affilée sur deux cordes voisines : 3 + 2 notes, ou 2 + 3 notes.
  3. En partant de chacun des cinq degrés avec chacune des deux formes, on obtient 10 motifs.
  4. Un motif se répète à l’identique deux cordes plus haut, deux cases plus loin, et trois cases plus loin quand on franchit la corde de Si.
  5. Les grands écarts de la gamme (tierces majeures Mi♭–Sol et La♭–Do) se jouent avec un glissé ou une extension des doigts : c’est ce qui donne aux blocs leur fluidité.

Qu’est-ce qu’un bloc de deux cordes ?

La gamme Hirajoshi est une gamme pentatonique : elle compte cinq notes par octave. Cinq notes, c’est exactement ce qu’on peut jouer confortablement sur deux cordes voisines : trois sur l’une, deux sur l’autre. Un bloc est ce groupe de cinq notes consécutives de la gamme, réparties sur deux cordes.

  • Forme 3+2 : trois notes sur la corde la plus grave, deux sur la suivante.
  • Forme 2+3 : deux notes sur la corde la plus grave, trois sur la suivante.

Le bloc peut commencer sur n’importe quelle note de la gamme, son degré de départ : la tonique (Do), la seconde (Ré), la tierce mineure (Mi♭), la quinte (Sol) ou la sixte mineure (La♭). Cinq départs et deux formes donnent les 10 motifs de cette page.

Le principe est le même que pour la gamme pentatonique sur 2 cordes : si vous connaissez déjà cette approche avec la pentatonique mineure, vous retrouverez la même logique, avec les couleurs particulières de la Hirajoshi.

Pourquoi le motif se répète-t-il toutes les deux cordes ?

En accordage standard, deux cordes voisines sont espacées d’une quarte (cinq cases), sauf les cordes de Sol et de Si, espacées d’une tierce majeure (quatre cases). Conséquence : une note jouée sur une corde se retrouve une octave plus haut deux cordes plus loin et deux cases plus haut. Par exemple, le Do de la corde de Mi grave, case 8, se retrouve à l’octave sur la corde de Ré, case 10.

Un bloc joué sur les cordes de Mi grave et de La se rejoue donc à l’identique sur les cordes de Ré et de Sol, deux cases plus haut. La seule exception est la paire suivante, cordes de Si et de Mi aigu : comme on franchit l’intervalle Sol–Si, plus court d’une case, le motif se décale de trois cases au lieu de deux.

En résumé :

Paire de cordes Décalage par rapport à la paire précédente
Mi grave – La point de départ
Ré – Sol + 2 cases
Si – Mi aigu + 3 cases

C’est tout l’intérêt des blocs : un seul doigté suffit pour traverser le manche sur trois octaves, en remontant en diagonale.

Quels sont les 10 motifs de la gamme Hirajoshi en blocs ?

Chaque motif est présenté sur la paire Mi grave – La, puis répété sur la paire Ré – Sol (deux cases plus haut). Les Do, toniques de la gamme, sont en rouge. « sl. » indique un glissé : on joue la note, puis on fait glisser le même doigt jusqu’à la note suivante sans relâcher la pression. Les doigtés indiqués sont ceux de la paire Mi grave – La ; ils restent identiques sur les autres paires.

Depuis la tonique (Do)

Hirajoshi en blocs : 3+2 depuis la tonique Do Ré Mi♭ Sol La♭ — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 8 10 11 10 11 10 12 13 12 13

Forme 3+2 : Do (Mi grave case 8, index), Ré (case 10, annulaire), Mi♭ (case 11, auriculaire), puis Sol (corde de La case 10, annulaire) et La♭ (case 11, auriculaire). Tout tient dans une seule position, sans glissé : c’est le motif le plus simple, idéal pour commencer.

Hirajoshi en blocs : 2+3 depuis la tonique Do Ré Mi♭ Sol La♭ — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 8 10 6 10 11 sl. 10 12 8 12 13 sl.

Forme 2+3 : Do (Mi grave case 8, majeur) et Ré (case 10, auriculaire), puis sur la corde de La : Mi♭ (case 6, index), glissé de l’index jusqu’à Sol (case 10), et La♭ (case 11, majeur). Le glissé place la main pile pour enchaîner sur la paire suivante.

Depuis la seconde (Ré)

Hirajoshi en blocs : 3+2 depuis la seconde Ré Mi♭ Sol La♭ Do — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 10 11 15 11 15 12 13 17 13 17

Forme 3+2 : Ré (Mi grave case 10, index), Mi♭ (case 11, majeur), Sol (case 15, auriculaire), puis La♭ (corde de La case 11, majeur) et Do (case 15, auriculaire). Pas de glissé ici, mais une extension : l’index et l’auriculaire couvrent cinq cases. Assez haut sur le manche, les cases sont plus étroites et l’écart reste jouable.

Hirajoshi en blocs : 2+3 depuis la seconde Ré Mi♭ Sol La♭ Do — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 10 11 10 11 15 sl. 12 13 12 13 17 sl.

Forme 2+3 : Ré (Mi grave case 10, index), Mi♭ (case 11, majeur), puis Sol (corde de La case 10, index), La♭ (case 11, majeur) et glissé du majeur jusqu’à Do (case 15). L’écart index–majeur d’une case, répété sur les deux cordes, rend ce motif très simple.

Depuis la tierce mineure (Mi♭)

Hirajoshi en blocs : 3+2 depuis la tierce mineure Mi♭ Sol La♭ Do Ré — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 11 15 16 15 17 sl. 13 17 18 17 19 sl.

Forme 3+2 : Mi♭ (Mi grave case 11, index), glissé de l’index jusqu’à Sol (case 15), La♭ (case 16, majeur), puis Do (corde de La case 15, index) et Ré (case 17, annulaire). Après le glissé, toute la fin du motif tient dans la nouvelle position.

Hirajoshi en blocs : 2+3 depuis la tierce mineure Mi♭ Sol La♭ Do Ré — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 11 15 11 15 17 sl. 13 17 13 17 19 sl.

Forme 2+3 : Mi♭ (Mi grave case 11, index) et Sol (case 15, auriculaire, en extension), puis La♭ (corde de La case 11, index), glissé de l’index jusqu’à Do (case 15) et Ré (case 17, annulaire).

Depuis la quinte (Sol)

Hirajoshi en blocs : 3+2 depuis la quinte Sol La♭ Do Ré Mi♭ — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 3 4 8 5 6 sl. 5 6 10 7 8 sl.

Forme 3+2 : Sol (Mi grave case 3, index), La♭ (case 4, majeur), glissé du majeur jusqu’à Do (case 8), puis la main revient en arrière pour Ré (corde de La case 5, index) et Mi♭ (case 6, majeur). Ce retour en arrière est le passage le plus délicat de la série : travaillez-le lentement.

Hirajoshi en blocs : 2+3 depuis la quinte Sol La♭ Do Ré Mi♭ — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 3 4 3 5 6 5 6 5 7 8

Forme 2+3 : Sol (Mi grave case 3, index), La♭ (case 4, majeur), puis Do (corde de La case 3, index), Ré (case 5, annulaire) et Mi♭ (case 6, auriculaire). Un doigt par case, sans glissé : avec le motif depuis la tonique en 3+2, c’est le plus confortable.

Depuis la sixte mineure (La♭)

Hirajoshi en blocs : 3+2 depuis la sixte mineure La♭ Do Ré Mi♭ Sol — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 4 8 10 6 10 sl. 6 10 12 8 12 sl.

Forme 3+2 : La♭ (Mi grave case 4, index), glissé de l’index jusqu’à Do (case 8), Ré (case 10, annulaire), puis Mi♭ (corde de La case 6, index, en reculant de deux cases) et Sol (case 10, annulaire).

Hirajoshi en blocs : 2+3 depuis la sixte mineure La♭ Do Ré Mi♭ Sol — sur Mi-La puis répété sur Ré-Sol, 2 cases plus haut (Do en rouge, sl. = glissé) e B G D A E 4 8 5 6 10 sl. 6 10 7 8 12 sl.

Forme 2+3 : La♭ (Mi grave case 4, index) et Do (case 8, auriculaire, en extension), puis Ré (corde de La case 5, majeur), Mi♭ (case 6, annulaire) et glissé de l’annulaire jusqu’à Sol (case 10). Si l’extension de la case 4 à la case 8 est trop large en bas du manche, travaillez d’abord ce motif sur la paire Ré – Sol, deux cases plus haut, où les cases sont plus étroites.

Comment traverser le manche avec les blocs ?

Une fois un motif en place, l’objectif est de l’enchaîner sur les trois paires de cordes, puis de redescendre. Deux exercices, sur les deux motifs les plus confortables :

Traversée du manche : bloc 3+2 depuis la tonique Mi-La, Ré-Sol (+2 cases), Si-Mi (+3 cases), puis retour — Do en rouge e B G D A E 8 10 11 10 11 10 12 13 12 13 e B G D A E 13 15 16 15 16 16 15 16 15 13 e B G D A E 13 12 13 12 10 11 10 11 10 8

Exercice 1, forme 3+2 depuis la tonique. Montez sur les trois paires (cases 8, 10 puis 13 pour le Do de départ), puis redescendez en jouant chaque bloc à l’envers. Remarquez le décalage de trois cases au passage de la corde de Si. Pour changer de paire, faites glisser l’index sur la dernière corde jouée jusqu’à sa nouvelle case, ou déplacez simplement la main.

Traversée du manche : bloc 2+3 depuis la quinte Mi-La, Ré-Sol (+2 cases), Si-Mi (+3 cases), puis retour — Do en rouge, sl. = glissé e B G D A E 3 4 3 5 6 5 6 5 7 8 e B G D A E 8 9 8 10 11 11 10 8 9 8 e B G D A E 8 7 5 6 5 6 5 3 4 3

Exercice 2, forme 2+3 depuis la quinte. Même principe, en partant de la case 3 : ce motif sans glissé est le plus rapide à enchaîner.

Durée : 10 minutes par jour. Jouez d’abord très lentement, une note par seconde, en comptant cinq notes par bloc. Accélérez seulement quand le passage d’une paire à l’autre ne crée plus de coupure. Avec un métronome, visez d’abord 60 battements par minute, une note par battement.

Comment utiliser les blocs pour improviser ?

Les blocs ne sont pas qu’un exercice : ce sont des trajets sur le manche.

  • Le trait rapide : un bloc enchaîné sur deux ou trois paires de cordes produit une montée spectaculaire, du grave vers l’aigu, pour lancer une phrase ou finir un solo.
  • Le changement de zone : un seul bloc vous emmène d’une position à une autre, là où les positions classiques vous gardent dans quatre ou cinq cases.
  • Viser une note : comme chaque bloc commence sur un degré précis, vous pouvez choisir le motif qui arrive sur la note voulue (la tonique Do, ou la sixte mineure La♭, très caractéristique de la gamme).

Les cinq positions classiques et les accords qui accompagnent la gamme sont détaillés dans la page principale sur la gamme Hirajoshi. Pour situer la Hirajoshi parmi les autres couleurs, voyez les gammes exotiques.

Les erreurs fréquentes

  • Relâcher la pression pendant le glissé. La note d’arrivée doit sonner sans être rejouée : appuyez jusqu’au bout du glissé.
  • Oublier la case de plus sur la corde de Si. Un décalage de deux cases au lieu de trois donne des notes hors de la gamme : la Hirajoshi ne pardonne pas.
  • Commencer trop vite. Les tierces majeures de la gamme (Mi♭–Sol, La♭–Do) demandent des déplacements que la vitesse rend imprécis.
  • Jouer les blocs comme des gammes sans fin. En improvisation, un ou deux blocs suffisent pour un trait ; laissez ensuite respirer la phrase.
  • Ne travailler que les motifs faciles. Les motifs depuis la quinte et la sixte mineure en 3+2, avec leur retour en arrière, sont les plus formateurs.

Sources et pour aller plus loin

Pour creuser le sujet

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Questions fréquentes

Combien de motifs de la gamme Hirajoshi en blocs de deux cordes existe-t-il ?

Il en existe 10 : la gamme compte cinq notes, donc cinq degrés de départ possibles (Do, Ré, Mi♭, Sol, La♭ en Do), et chaque départ se joue sous deux formes, 3+2 ou 2+3.

Pourquoi décaler le motif de trois cases au passage de la corde de Si ?

Parce que les cordes de Sol et de Si sont accordées à une tierce majeure (quatre cases) et non à une quarte (cinq cases) comme les autres. Pour retrouver les mêmes notes à l’octave, le motif doit donc avancer d’une case de plus : trois cases au lieu de deux.

Faut-il connaître les positions classiques avant de travailler les blocs ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est conseillé : les positions donnent une vue d’ensemble de la gamme sur quelques cases, les blocs apprennent à la parcourir en diagonale. Les deux approches se complètent.

Les blocs fonctionnent-ils dans une autre tonalité que Do ?

Oui. Les doigtés sont identiques dans toutes les tonalités : il suffit de déplacer le motif pour que le Do de départ tombe sur la nouvelle tonique. Par exemple, en La Hirajoshi, le motif depuis la tonique en 3+2 commence case 5 sur la corde de Mi grave.

Quel est le motif le plus facile pour commencer ?

Le motif depuis la tonique en forme 3+2 : il tient dans une seule position de quatre cases, sans glissé. Le motif depuis la quinte en forme 2+3 est aussi très confortable, avec un doigt par case.

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