Le lydien dominant à la guitare : 1 – la théorie
Le lydien dominant, c’est la gamme qu’on joue sur un accord de dominante avec une onzième augmentée (7#11) sans se cogner dans la tierce. C’est le son des vamps funk-fusion statiques, des substitutions tritoniques en jazz, et de pas mal de thèmes de musique de film. Une seule note le sépare du mixolydien que vous connaissez déjà : la quarte, montée d’un demi-ton.
Rappel express : la gamme mineure mélodique
Le lydien dominant est le 4e mode de la gamme mineure mélodique. Si vous ne la connaissez pas encore, voici l’essentiel : c’est une gamme mineure naturelle dont on monte la sixte et la septième d’un demi-ton chacune. En La, cela donne : La, Si, Do, Ré, Mi, Fa#, Sol#.
Comme pour les modes de la gamme majeure, chaque degré de cette gamme engendre son propre mode : commencer et jouer les mêmes notes à partir du 2e degré, du 3e, etc. Le 4e mode — celui qui nous intéresse ici — commence sur le 4e degré. En partant de La mineur mélodique, le 4e degré est Ré : le mode qui en découle (Ré, Mi, Fa#, Sol#, La, Si, Do) est le Ré lydien dominant.
La formule du lydien dominant
Par rapport à sa propre tonique, le lydien dominant se décrit ainsi :
1 — 2 — 3 — #4 — 5 — 6 — b7
Pour le retrouver dans n’importe quelle tonalité sans repartir de la gamme mineure mélodique à chaque fois, une règle suffit : le lydien dominant d’une note R vient de la gamme mineure mélodique construite une quarte juste plus bas. Envie du lydien dominant de Sol ? Jouez la gamme mineure mélodique de Ré (Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, Do#) en partant de Sol : Sol, La, Si, Do#, Ré, Mi, Fa.
Sur quels accords l’utiliser
Le lydien dominant s’emploie sur un accord de dominante avec une onzième augmentée — noté 7#11 — dans deux contextes principaux :
- Dominante statique : un accord 7#11 qui ne résout pas tout de suite, tenu sur plusieurs mesures (vamp funk, fusion, certains thèmes de musique de film). Le lydien dominant y est la gamme de référence.
- Substitution tritonique : dans une cadence II-V-I, remplacer le V7 par la dominante située une quarte augmentée au-dessus (par exemple Db7 à la place de G7 avant un Cmaj7). Cette dominante de substitution s’entend très souvent en lydien dominant plutôt qu’en mixolydien.
Pourquoi ça sonne juste : la différence avec le mixolydien
Sur un accord de dominante, le réflexe est souvent de jouer le mode mixolydien (1 2 3 4 5 6 b7). Problème : sa quarte juste (le 4e degré) forme un demi-ton avec la tierce majeure de l’accord — c’est la fameuse « note à éviter », qui sonne comme une fausse note tenue trop longtemps sur un accord statique.
Le lydien dominant règle ce problème en élevant cette quarte d’un demi-ton (#4, souvent noté #11 dans un contexte d’accord). Une seule note change, mais elle change tout : plus de frottement avec la tierce, et la couleur caractéristique de l’accord 7#11 devient jouable sans accroc, du début à la fin de la phrase.
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | |
| Mixolydien | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | b7 |
| Lydien dominant | 1 | 2 | 3 | #4 | 5 | 6 | b7 |
Ce qui vous attend dans cette série
Cette théorie posée, la suite de la série passe à la pratique : les positions du lydien dominant sur le manche, une banque de plans à connaître, des exercices progressifs pour les intégrer, puis des mises en situation réelles (résolution de dominante, substitution tritonique, vamp statique).
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