Le son metal sombre en situation : le riff complet

Le son metal sombre en situation : le riff complet

Gamme sombre, palm mute, accordage abaissé, rythmique en galop : quatre épisodes, quatre ingrédients pris séparément. Voici le riff qui les réunit enfin — sa forme complète, mesure par mesure.

Le riff complet

Tablature complète du riff de référence de la série : gamme phrygien dominant, palm mute, Drop D, rythmique en galop

Comme pour l’épisode précédent, la portée du haut n’indique que le rythme (notation en slashes), pas de hauteur précise : les cases jouées sonnent différemment une fois la corde grave accordée en Ré. Le tab ci-dessous reste la référence pour savoir quoi jouer.

Ce qui se joue, mesure par mesure

  • Mesures 1-2 : identiques à l’épisode 4 — power chords de tonique (case 7) et de seconde mineure (case 8) du phrygien dominant, en Drop D, en galop, palm mutés.
  • Mesure 3 : la gamme s’ouvre enfin à deux autres degrés du phrygien dominant — la septième mineure (case 5, Sol) puis la quarte (cases à vide, Ré), toujours en power chords, galop et palm mute. C’est le mouvement Sol→Ré qui donne au riff sa couleur modale, au lieu de ne jouer que tonique et seconde mineure.
  • Mesure 4 : retour à la cellule tonique → seconde mineure → tonique, puis un dernier power chord de tonique tenu une noire entière, sans palm mute — qu’on laisse sonner pleinement. Ce contraste final (étouffé puis ouvert) est la même erreur-à-éviter-devenue-effet que l’épisode 2 évoquait : relâcher la pression de la paume juste avant une note qu’on veut faire ressortir.

Le résultat tient en quatre mesures, mais rassemble tout ce que la série a couvert : une gamme à la couleur reconnaissable, une technique de main droite qui rend chaque note percussive, un accordage qui permet de jouer des power chords à un seul doigt, et une rythmique qui donne au riff son urgence.

Quatre sous-genres, quatre dosages des mêmes ingrédients

Thrash, death, doom et djent utilisent exactement les quatre ingrédients de cette série — gamme, palm mute, accordage, rythmique — mais dans des proportions très différentes.

  • Thrash : c’est le terrain du galop à tempo très rapide, souvent en accordage standard ou en Drop D léger. Le palm mute y est systématique et appuyé, au service de la vitesse — chaque note doit rester nette même à tempo élevé. Les gammes restent assez proches du mineur naturel ou de modes comme le phrygien, pour une couleur sombre mais encore mélodique.
  • Death metal : l’accordage descend plus bas (Drop C et au-delà), et les gammes se tendent vers des couleurs plus dissonantes — intervalles chromatiques, modes comme le phrygien dominant ou le locrien pour un son plus menaçant que mélodique. La rythmique accélère encore, avec des doubles-croches très denses et des blast-beats côté batterie ; le palm mute y est quasi permanent, laissant peu de notes sonner pleinement.
  • Doom : à l’opposé du thrash sur l’axe rythmique — tempo très lent, galop quasi absent. L’accordage abaissé sert ici la lourdeur plutôt que la vitesse, et le palm mute cède largement la place à des power chords tenus, laissés sonner avec sustain et parfois saturation/feedback, pour un poids qui vient de la durée des notes plutôt que de leur débit.
  • Djent : l’accordage abaissé est poussé à l’extrême (souvent sur des guitares à 7 ou 8 cordes), et c’est la rythmique qui devient l’ingrédient central : des motifs de palm mute très syncopés, construits sur des subdivisions irrégulières et des mesures composées, créant un groove heurté et imprévisible plutôt qu’un simple galop régulier. La gamme y est souvent plus simple (peu de notes, parfois une seule) pour laisser toute la place au rythme.

La série « Le son metal sombre à la guitare » (sommaire) : 1. La gamme : le phrygien dominant · 2. La technique : le palm mute · 3. Le matériel : Drop D et Drop C · 4. La rythmique : galop, syncopes, breaks · 5. En situation : le riff complet

← Épisode précédent : La rythmique metal

Pour creuser le sujet

Pour voir comment ces ingrédients s’assemblent dans des riffs qui ont marqué deux extrêmes du genre — la vitesse du thrash et la lenteur du doom :

Megadeth – Rust in Peace (Guitar Recorded Versions) (Amazon.fr) — les transcriptions note pour note d’un album de référence pour la rythmique galop et les riffs rapides du thrash.

Best of Black Sabbath (Guitar Recorded Versions) (Amazon.fr) — pour entendre et travailler l’autre extrême : des riffs lents, lourds, portés par le sustain plutôt que par la vitesse.

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Questions fréquentes

Quel est le sous-genre metal le plus facile pour débuter ?

Le thrash reste souvent le point d’entrée le plus accessible techniquement : il reprend les quatre ingrédients de cette série sans les pousser à l’extrême (tempo rapide mais pas démesuré, accordage standard ou Drop D léger). Le djent, à l’inverse, demande une précision rythmique plus avancée.

Faut-il une guitare à 7 ou 8 cordes pour jouer du djent ?

Ce n’est pas obligatoire : on peut obtenir un son djent sur une guitare à 6 cordes en accordage très abaissé. Les cordes supplémentaires évitent simplement d’avoir à descendre l’accordage standard aussi loin, et élargissent la tessiture disponible sans perdre en tension.

Pourquoi le doom n’utilise-t-il presque pas de palm mute ?

Parce que l’effet recherché est inverse de celui du palm mute : le doom cherche la lourdeur par la durée et le sustain des notes, pas par leur densité rythmique. Étouffer les notes raccourcirait justement ce qui fait l’effet principal du style.

Peut-on mélanger les ingrédients de plusieurs sous-genres dans un même riff ?

Oui, et c’est même courant : de nombreux groupes empruntent la vitesse du thrash, l’accordage du death ou la syncope du djent sans se limiter à un seul style. Les quatre ingrédients de cette série sont des outils à combiner librement, pas des cases étanches.

Quelle est la meilleure façon de continuer après cette série ?

Reprenez le riff complet de cet épisode et transformez-le : changez la gamme, essayez un autre accordage, ou réécrivez la rythmique de la mesure 3. Les quatre ingrédients s’appliquent à n’importe quelle note de départ, pas seulement à celles utilisées ici.

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