Le palm mute à la guitare : muscler vos riffs façon metal
Le palm mute, c’est ce qui sépare un riff metal qui « claque » d’un riff qui sonne mou. C’est la technique de main droite la plus utilisée en metal, en punk et en rock lourd — et pourtant l’une des plus mal expliquées, parce qu’elle ne se voit presque pas : tout se joue dans le placement et la pression d’une seule main.
Qu’est-ce que le palm mute ?
Le palm mute (« étouffement de la paume ») consiste à poser le tranchant de la paume de la main qui gratte sur les cordes, juste devant le chevalet, pendant qu’on joue. Les cordes vibrent moins longtemps et moins fort : le son devient court, sourd, compact — percussif plutôt que chantant.
C’est cette compacité qui permet d’enchaîner des notes graves rapides sans qu’elles se noient les unes dans les autres : la base de tout riff de rythmique metal, du thrash au djent.
Placement de la main
Le tranchant de la paume (le côté du petit doigt) repose sur les cordes juste devant le chevalet, à l’endroit où les cordes commencent à peine à être libres de vibrer. Trop en avant vers le manche, et le son devient étouffé au point de ne plus avoir de hauteur perceptible. Trop en arrière, sur le chevalet lui-même, et les cordes vibrent presque librement : plus d’effet.
La main reste en contact permanent avec les cordes pendant que le médiator joue : ce n’est pas un geste qu’on refait à chaque note, c’est une position qu’on maintient pendant toute la phrase.
Dosage de l’étouffement
La pression de la paume change tout le caractère du son :
- Pression légère : le son garde un peu de corps et de hauteur perceptible — utile pour des riffs qui doivent rester mélodiques tout en étant palm mutés.
- Pression ferme : le son devient très court et très sourd, presque un « chuck » percussif — le son typique du thrash et du metal moderne, souvent combiné à un gain élevé.
Il n’y a pas un seul bon dosage : un même riff peut varier son intensité de palm mute d’une mesure à l’autre pour créer du relief, en relâchant la pression juste avant une note qu’on veut laisser sonner pleinement.
Erreurs courantes
- Main qui bouge à chaque note : la paume se soulève et retombe au lieu de rester en contact permanent. Résultat : un étouffement irrégulier, certaines notes sonnant ouvertes sans le vouloir.
- Position trop reculée vers le manche : le son perd toute hauteur, devient un simple « toc » sans note identifiable. Rapprochez la main du chevalet jusqu’à retrouver une hauteur claire mais courte.
- Tension dans le poignet : à vouloir presser fort, on raidit tout l’avant-bras, ce qui ralentit le jeu et fatigue vite. La pression vient du contact de la paume, pas d’un poignet crispé.
- Palm mute qui ne suit pas les changements de corde : en passant d’une corde grave à une corde aiguë, la paume doit légèrement pivoter pour rester en contact avec la nouvelle corde jouée.
Le riff de référence de la série
Pour s’entraîner, voici un riff de deux mesures qui reprend la cellule tonique → ♭2 du phrygien dominant vu au premier épisode (La → Sib → La), entièrement sur la corde de La, entièrement palm muté — en croches régulières, sans fioriture rythmique pour l’instant :

Toutes les notes sont palm mutées (P.M. du début à la fin). Travaillez-le d’abord lentement avec une pression ferme et régulière, en vérifiant que le Sib (case 1) ressort bien de la tonique répétée.
Ce riff n’est qu’un point de départ : la suite de la série va l’épaissir avec un accordage abaissé, puis lui donner un vrai groove rythmique, jusqu’à sa forme complète au dernier épisode.
Pour creuser le sujet
Pour muscler la main qui tient le médiator et entendre le palm mute poussé à son meilleur niveau, deux références :
Metallica – Black Album (Play It Like It Is) (Amazon.fr) — les 12 titres transcrits note pour note pour travailler la rythmique palm mutée de James Hetfield directement sur des riffs qui ont défini le genre.
John Petrucci – Rock Discipline (Amazon.fr) — des exercices de précision et de synchronisation des deux mains, pour garder un palm mute propre même quand le tempo monte.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le palm mute ?
C’est une technique de main droite qui consiste à poser le tranchant de la paume sur les cordes, juste devant le chevalet, pendant qu’on joue. Le son devient court et sourd plutôt que chantant : la base de la rythmique metal.
Où exactement poser la main pour le palm mute ?
Juste devant le chevalet, à l’endroit où les cordes commencent tout juste à être libres de vibrer. Trop vers le manche, le son perd toute hauteur ; trop sur le chevalet, l’étouffement disparaît.
Pourquoi mon palm mute sonne-t-il trop étouffé ou pas assez ?
C’est une question de position et de pression. Trop étouffé (pas de hauteur perceptible) : reculez légèrement la main vers le chevalet. Pas assez étouffé (le son reste trop ouvert) : avancez la main vers le manche ou augmentez la pression de la paume.
Le palm mute s’utilise-t-il seulement en metal ?
Non : on le retrouve aussi en punk, en rock, en country (pour un son staccato) et même en jazz manouche. Mais c’est en metal qu’il est le plus systématique, combiné à un gain élevé et à des notes graves rapides.
Faut-il palm muter toutes les notes d’un riff ?
Non : beaucoup de riffs metal alternent des notes palm mutées et des notes laissées sonner pleinement (souvent sur les accents), pour créer un contraste entre la densité du palm mute et l’ouverture des notes tenues.
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