Improvisation : rythme et débit de notes

Improvisation : rythme et débit de notes

On arrive à la fin de cette série d’articles sur l’improvisation et comment bien improviser.

Après avoir parlé de l’improvisation, de l’importance de connaître la grille, de savoir comment sont faits les accords et les relation entre les gammes et les accords, voyons maintenant le rythme des notes, comment varier le débit pour garder l’attention à son maximum.

Aller, go !

Premières pensées

Vous l’avez sûrement déjà entendu : « improviser, c’est raconter une histoire ». Et c’est vrai. Quand vous partez pour une improvisation sur une grille de 32 mesures ( ou plus, ce n’est qu’un exemple), il faut savoir occuper le terrain et garder l’attention des auditeurs. Et pour cela, rien de mieux que de varier les éléments.

La variation peut s’appliquer à tous les éléments de la musique :

  • les notes de couleurs et de tensions : une tension progressive pour un relâchement salutaire est super efficace
  • le rythme des notes (binaire, ternaire, pauses pour reprendre son souffle…)
  • le débit, la vitesse (ralentir, faire des pauses, accélérer…)

Voici donc les éléments dont il sera question ici et que vous pouvez entendre dans chacune des improvisations.

Le rythme

D’une manière globale, voyez votre improvisation comme un parcours. S’il est plat du début à la fin, sans rien pour égayer la route, vous allez ennuyer pendant le voyage.

Il peut aussi être vallonné, plus ou moins souvent, plus ou moins fortement. Cette alternance suscitera déjà un peu plus d’intérêt pour vous et pour ceux qui vous écouterons. Vous gardez les rennes sur le voyage.

L’idée est de ne pas perdre l’auditeur avec des changements inattendus trop fréquents, qui ne feront que détourner l’attention. Il faudra donc faire usage de la répétition, comme avec un fil rouge, pour que l’auditeur puisse anticiper un peu la suite. Et c’est aussi comme ça qu’il pourra être surpris en jouant pas ce qui est attendu.

Débuter son improvisation

Comme toute nouvelle histoire, vous ne savez pas ce qui sera raconté. Il faut donc commencer par « planter le décors » comme on dit, dire où on est, d’où on part..

Pour cela, commencer par peu de notes, et plutôt longues, pour indiquer à l’auditeur que vous partez bien du même morceau, du même cadre, et de la même harmonie.

Commencez donc par jouer les bonnes notes, celles de l’accord : pas de tension, placez le terrain. Commencez doucement (plus lentement que la suite), comme pur un échauffement, pour se préparer à ce qui va venir.

Au fur et à mesure

Maintenant que vous vous êtes bien placé, alors que votre voyage avance, il va se passer des événements. , de petites histoires à l’intérieur du récit global, qui vont donner du relief et retenir l’attention.

Un tension peut se produire, et se résoudre rapidement. Puis une autre, pour pimenter le tout. Le piment ne doit cependant pas être trop fort au départ au risque de ne plus sentir quoi que ce soit ensuite. Par contre, les piments suivants peuvent augmenter en force pour se démarquer des précédents, et préparer à l’augmentation des saveurs.

Apportez donc des couleurs à votre improvisation, des couleurs plus ou moins fortes, plus ou moins longtemps.

Ces couleurs seront, selon vos goûts, des extensions, d’accord, des chromatismes…

Passez au niveau supérieur avec les chromatismes, par petites touches pour habituer l’auditeur, et augmenter au fur et à mesure.

Mais laisser aussi l’auditeur respirer : ralentir le rythme, voire faire une pause et repartir, jusqu’au point culminant de votre exposé..

Bien terminer son improvisation

Et l’atterrissage ? Il faut bien le travailler. Et cela dépendra de comment se continue le morceau.

A la fin de votre voyage, il faut préparer l’après, ce qui va suivre votre improvisation. Ca peut être un moment fort comme un couplet, un changement de tonalité. Mais aussi un autre improvisateur qui prend le solo suivant, ou une reprise sur un couplet.

Reprise sur moment fort

Là, vous savez que la suite va être relevée. Il faut alors que votre improvisation prépare le terrain. Terminez alors votre improvisation sur quelque chose de fort, quelque chose du même niveau : une note aiguë et tenue qui va se relâcher sur cette modulation, une longue séries de notes rapides qui vont tomber sur celles de cette nouvelle partie. Soyez créatifs.

Reprise soft

Pour une reprise standard, soft, inutile de préparer l’audience avec des flots de notes et de tensions. Faites simplement retomber la tension pour l’improvisateur suivant, ou que le chanteur puisse reprendre le couplet suivant, sans trop de différence d’ambiance, vous lui rendrez service.

Le débit

Notes longues ? Notes courtes ? Rapides ou lentes ?

Comme tout le reste, le débit devra varier pour ne pas tomber dans la monotonie. En alternant les phrases lentes et rapides, vous garde un rythme pour tenir les auditeurs. Lorsqu’une longue phrase est suivie, après un petit silence, d’une petite phrase rapide, l’effet et saisissant.

Commencer pas un débit simple, facile à suivre, et relever lentement le débit pour entraîner votre auditoire dans la course. Variez les phases d’accélération et celle de relâche pour reprendre son souffle pour le prochain sprint. Transportez le jusqu’au point culminant de votre exposé, pour le laisser ensuite reprendre ses esprits. et reprendre la suite du morceau s’il y en a une, ou pour le morceau suivant.

Quelques exemples de solos

Un schéma en dit plus qu’un discours, alors prenons un exemple pour illustrer nos propos : « Sultans of swing » de DIRE STRAITS.

Pour l’écouter :

Un autre exemple que j’aime beaucoup est le solo de « Summer song », de Joe SATRIANI :

Ecoutez comment les notes passent de lentes et longues, à un peu plus courtes et rapides, pour prendre encore plus de vitesse.

Un peu de relâchement et on reprends à un rythme élevé et on continue jusqu’à reprendre le couplet et continuer le morceau.

Que faire de ces règles ?

En improvisation, rien n’est figé dans le marbre, et tout est sujet à interprétation. Les règles sont faites pour être connues, suivies, et parfois (du moins ne musique), contournées. Et pour pouvoir les contourner, il faut déjà les connaître, et c’est le but de cet article.

Apprenez à jouer juste, sur la grille, puis explorez comment en sortir sans se perdre complètement. Ce travail va révéler votre jeu, votre style, votre personnalité d’improvisateur (plutôt calme et dedans, furieux et souvent à la limite de la fausse note voire de la faute de goût, le génie qui varie très bien son jeu ….)

Le but est de se connaître en tant que musicien, de savoir ce qu’on aime jouer et entendre, les sonorités qui nous caractérisent et qui font qu’on nous reconnaît.

Pour aller plus loin

Une série de vidéos est en préparation pour illustrer tous ces points, et donner des exemples vivants à ces règles d’improvisation. Ces règles, vous devrez les faire « vôtres » en vous les appropriant, et en les suivants avec plus ou moins de rigueur, c’est que qui fait aussi le jeu.

N’hésitez pas à poser vos questions ne commentaires sur ce qui a été dit ici, c’est aussi en discutant que le meilleur peut arriver.

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André RIHANI

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